LA MISSA PLURIUM MOTETORUM (1532)* 

CLAUDIN DE SERMISY (c. 1490-1562)

Livre de choeur

En 1532 l'imprimeur Pierre Attaingnant publiait une collection de vingt messes dans laquelle nous trouvons cinq messes par Claudin de Sermisy : Novem lectionum, Philomena praevia, Plurium motetorum, Requiem et Domini est terra. Cet ouvrage est dédié à François Cardinal de Tournon, Maître de la Chapelle de François Ier, (Claudin est alors son sous-maître de musique). Nous ne connaissons que deux exemplaires de cette collection de messes, l'un à la Osterreichische Nationalbibliothek de Vienne et l'autre au Boston Athenaeum. D'après Miss Hackett du Boston Athenaeum, on croit que l'exemplaire de Boston fut amenée d'Europe en 1796 par un prêtre-missionnaire français, le Père Matignon, lequel d'ailleurs a fait don de plusieurs volumes à l'Athenaeum.

 

Claudin de Sermisy

Reconnu comme un des maîtres qui a donné à la chanson polyphonique française du XVIe siècle le style et la forme que nous lui connaissons, Claudin de Sermisy est malheureusement presque inconnu et ignoré dans sa musique religieuse. Pourtant, celle-ci n'est pas des moindres et la renommée dont il jouissait auprès de ses contemporains tenait autant à son œuvre religieuse qu'à son œuvre profane, car l'une est aussi importante que l'autre, tant en quantité qu'en qualité. La popularité des compositions religieuses de Claudin nous est attestée par les nombreux manuscrits et les nombreuses rééditions de ses œuvres.

La Missa Plurium Motetorum

A l'examen, les messes de Claudin démontrent qu'après avoir été formé à l'école «franco-flamande», celui-ci aurait subi l'influence de Josquin des Prés, il se peut même, tel que le suggère Ronsard, que Claudin ait étudié avec le Maître.

Mais c'est surtout dans la messe-parodie que Claudin se fait remarquer, et l'influence qu'il joua dans le développement de la messe française, grâce à sa technique de la parodie, de la variation et de la paraphrase, ne doit pas être sous-estimée. Si le principe de la Missa parodia fut développé pendant le XVe siècle, c'est dans la messe du XVIe siècle qu'il connut son apogée avec Gombert, Mouton, Clemens non Papa, Roland de Lassus, Claudin de Sermisy, Palestrina et bien d'autres ; bien que, au XVe siècle, on semblait préférer la parodie de modèles profanes, au XVIe siècle la préférence allait à la parodie de motets religieux.

La Missa Plurium motetorum est unique en son genre puisqu’elle parodie plusieurs motets dont le Deus regnorum (Gascongne), Adjuva me (Consilium), Benedictus Domine Deus (Févin), Impetum (Claudin) et Deus in nomine (?), qui implorent le pardon et la protection divine. C'est par ces mots que le motet Deus regnorum de Gascongne supplie le ciel de protéger François Ier : Deus regnorum Christianissimi maxime protector regni da servo suo Francisco regi nostro,... - François Ier venait tout juste de faire la paix de Cambrai (1529) avec son ennemi irréductible et futur beau-frère Charles-Quint.

                                   * D'après l'article "Les Messes de Claudin de Sermisy" de Gaston Allaire

Partitions à télécharger

2. Missa Plurium Motetorum Sermisy-Attai
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